Wwoofing au Japon : mon expérience dans la préfecture de Fukuoka

Wwoofing au Japon : sculpture

Cette année-là, j’étais encore une étudiante qui venait de terminer sa première année de master et qui ne rêvait que de s’évader ailleurs le temps d’un été. C’est comme ça qu’en 2017, je me suis retrouvée au Japon à faire un mois de wwoofing.

Pour faire extrêmement simple, mon expérience se résume à un mot : mitigée. Mais, je me doute bien que vous n’êtes pas venus juste pour m’entendre dire que c’était « bof ». Je vous ai donc écrit un article beaucoup plus détaillé sur cette expérience.

De Shanghai à Yame

Wwoofing au Japon : plantation de thé

En quelques semaines, j’avais trouvé une famille qui m’intéressait et je l’ai rapidement contactée. Elle m’intriguait parce que plusieurs générations — 4 générations pour être précis — vivaient sous le même toit et ça a titillé ma curiosité. Je voulais voir comment les membres de la famille faisaient pour apprécier cette colocation. De plus, la maison se situait non loin de la ville de Fukuoka, mais se trouvait tout de même dans une zone rurale.

Après quelques échanges avec mon hôte, il a été rapidement convenu que j’aille faire du wwoofing chez eux pendant un mois. C’est de cette manière que j’ai atterri à proximité de la ville de Yame, célèbre pour sa culture du thé, et avec tout l’attirail pour passer mes journées dans les champs.

Mon nouveau quotidien en tant que wwoofeuse

Wwoofing au Japon : rizière

La famille avait l’habitude d’accueillir des wwoofeurs. Si je me rappelle bien, elle faisait ça depuis une dizaine d’années. Elle était donc très bien organisée : on les aidait 5 jours par semaine et on avait 2 jours de repos.

J’aidais principalement à préparer la terre et à planter les fruits tout en donnant un coup de main dans leur boutique. Grâce à cette aventure et à la patience de toutes les personnes que j’ai rencontrées sur place, j’ai appris énormément de choses sur les fruits et les légumes japonais, et sur les changements que la société japonaise a connus depuis plusieurs décennies.

Lors de mes jours de repos, j’allais souvent à Yame pour changer d’air et découvrir la ville. Je n’ai malheureusement pas de photos à vous montrer parce que j’ai tout perdu (erreur de manipulation) ! Je passais mon temps à tester des restaurants, à aller dans des sanctuaires et des temples, à prendre des chemins inconnus et à faire un peu de shopping.

Si vous êtes de passage à Fukuoka et que vous avez du temps devant vous, n’hésitez pas à aller faire un tour à Yame. Ce n’est pas grand, mais chaque recoin de la ville nous ramène dans le Japon d’autrefois. C’était une ville vraiment très sympathique et en plus, il y a très peu de monde. J’étais tout le temps seule dans les rues, haha.

Wwoofing au Japon : chute d'eau

Dès que la famille pouvait, elle essayait de m’emmener partout avec elle. J’ai ainsi pu assister à mon premier festival de feux d’artifice qui se trouve à Kurume. C’est apparemment le plus grand feu d’artifices sur Kyûshû d’après les dires de la famille. Puis, elle m’emmenait au restaurant, à des musées, à des projections de films, etc. Un de mes souvenirs les plus marquants est ma journée au centre culturel Ishibashi, centre créé par Shôjirô Ishibashi. C’est un endroit magnifique au cœur de Kurumela quiétude du lieu ne manquera pas de vous apaiser.

Le goût amer de ce wwoofing

Culture du raisin

Bon, soyons clairs. Cette partie est complètement subjective. Mes déceptions sont liées à mon caractère et à mes attentes personnelles.

Même si c’était une aventure incroyable, J’ai été très déçue par le lien quasi inexistant entre la famille et moi qui résultait d’un manque de communication. Il est très probable que c’est dû au fait que les Japonais ont tendance à ne pas dire ce qu’ils pensent réellement, mais aussi à ma personnalité (timidité).

A cause de ça, je ne savais jamais où me positionner : qu’est-ce qui m’était donc possible de faire et qu’est-ce qui ne m’était pas possible de faire chez eux ? Par exemple, il m’arrivait d’avoir soif, je buvais donc du thé qui se trouvait dans la cuisine. Mais aujourd’hui, quand j’y repense, je me demande si j’en avais vraiment le droit. Tantôt j’avais l’impression que j’étais la bienvenue, tantôt non.

Sans communication, il est difficile de créer de véritables liens. Il était rare qu’ils aient du temps pour s’installer autour d’un bon thé et discuter avec moi et c’est ce qui m’a vraiment déçue parce que j’étais aussi venue dans le but de créer des liens avec d’autres personnes et de confronter mes idées aux leurs.

Aujourd’hui, je suis toujours en contact avec la famille, mais comme quand j’étais en wwoofing, on se donne juste des nouvelles de temps en temps. Notre relation n’est donc ni bonne ni mauvaise.

Une expérience dépaysante et marquante

Wwoofing au Japon : plantation de thé

Cette aventure m’a profondément marquée, car j’ai appris énormément de choses sur le Japon et sur moi-même. J’ai découvert 3 choses principalement.

Premièrement, j’ai appris que les relations ne fonctionnent jamais comme on le souhaite. Quand ça ne colle pas, c’est comme ça et il vaut mieux suivre le cours des choses plutôt que d’essayer de forcer les choses. Avec le recul, je me rends compte que la famille dans laquelle j’étais n’était tout simplement pas faite pour moi.

Deuxièmement, jusqu’au moment où j’ai fait ce wwoofing, j’ai toujours voyagé avec ma famille ou des amis. Grâce à cette expérience, j’ai compris que je pouvais voyager seule et me débrouiller comme une grande dans un pays étranger.

Enfin, j’ai découvert la « campagne » japonaise. Cette proximité avec la nature et cette vie plus simple m’ont ouvert les yeux sur une autre façon de vivre et surtout, j’ai acquis un nouveau regard sur la vie en général.

Si vous hésitez toujours à faire du wwoofing, je vous encourage vivement à en faire. Que l’expérience soit un succès ou non, vous en apprendrez énormément sur vous-mêmes et sur le monde qui nous entoure. Personnellement, j’ai envie de refaire ça au Royaume-Uni ou en France.


Conseils pour bien vivre son wwoofing

  • Bien choisir son hôte en prenant le temps d’examiner tous les facteurs (emplacement, composition de la famille, tâches possibles qui vous seront attribuées, niveau de langue, Wi-Fi disponible ou non…)
  • S’attendre à ressentir parfois de la solitude, notamment si vous êtes littéralement le seul wwoofeur ou la seule wwoofeuse de la famille
  • S’attendre à des chocs culturels
  • Préparer une tenue qui peut être salie : bottes, pantalon et tee-shirt utilisés exclusivement durant les jours de « travail »
  • Bien réfléchir à la durée du séjour (pour ma part, j’ai trouvé qu’un mois, c’était long)
  • Etant en terre inconnue, fiez-vous à votre intuition et faites-vous confiance
  • Si vous avez une phobie des insectes, réfléchissez bien avant de vous lancer dans le wwoofing, surtout en été
  • Profitez, vivez et expérimentez !

Pour en savoir plus

Site du wwoofing au Japon : http://www.wwoofjapan.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *